Au départ, j’avais juste envie d’être dans la représentation de l’humain et de sortir de l’abstraction dans laquelle j’étais plongé dans les projets précédents.
Modeler des visages c’est ce qui est venu en premier, ce ne sont pas des portraits mais juste des visages naissant de mes mains, émergeant du néant. Mon idée était de les faire « sortir de terre » mais en fait assez vite, c’est l’inverse qui s’est produit comme si la terre les avalait.

Je partais de quelque chose de joyeux comme un enfantement, où de la terre surgirait des visages, des corps peut être, mais finalement c’est quelque chose d’assez morbide qui est sorti : des visages avalés par la terre, métaphore involontaire de la mort, de l’enterrement, de notre fragile condition de mortels, notre vocation à disparaître, à « retourner à la terre ». Ainsi, contrairement à l’intention première, c’est une série assez dramatique , assez sombre et macabre qui est apparue : comme des visages effrayés effrayants, qui disent non qui ne veulent pas se laisser engloutir mais qui peuvent pas résister à l’engloutissement, à l’angoisse de la disparition.

Que nous disent-ils ces visages, de l’Autre en nous ?